Nourrir les oiseaux en hiver

Si vous souhaitez vraiment les aider à traverser l’hiver.

Rouge-gorge
Quand le froid s’installe et que les jardins se couvrent de givre, il devient difficile pour les oiseaux de trouver leur pitance. Leur venir en aide est alors un geste généreux… à condition de bien s’y prendre ! Certaines attentions, pourtant pleines de bonnes intentions, peuvent leur nuire.

Voici les 5 erreurs les plus courantes à éviter :

1. Donner du pain : une fausse bonne idée

C’est sans doute l’erreur la plus répandue. Le pain, bien qu’il paraisse anodin, n’apporte aucun nutriment utile aux oiseaux. Trop salé, il fatigue leurs reins et peut même causer des troubles graves. Quant à la mie, elle gonfle dans leur estomac et provoque des occlusions parfois mortelles. Mieux vaut miser sur des graines de tournesol, de millet ou d’avoine : riches en lipides et en énergie, elles leur permettent de mieux résister au froid.

2. Leur donner des produits laitiers

Croûtes de fromage, beurre ou lait sont à proscrire. Les oiseaux ne digèrent pas le lactose, ce qui provoque diarrhées et déshydratation. En hiver, ces troubles fragilisent énormément leur organisme et peuvent réduire leurs chances de survie. Si vous souhaitez leur offrir un complément gras, préférez le saindoux ou la graisse végétale, utilisés pour fabriquer des boules de graisse maison.

3. Offrir des insectes en plein hiver

À la belle saison, les insectes font partie intégrante du menu de nombreuses espèces. Mais en hiver, leur métabolisme ralentit et leur système digestif ne supporte plus un excès de protéines animales. Résultat : cela peut déséquilibrer leur organisme. Gardez donc vos vers de farine pour le printemps, et concentrez-vous sur les graines et fruits secs, bien plus adaptés à leurs besoins hivernaux.

4. Utiliser des graisses mal placées ou trop accessibles

Certaines matières grasses peuvent s’avérer dangereuses… non pas pour la digestion, mais pour le plumage ! Margarine ou beurre ramollis risquent d’encrasser leurs plumes, compromettant leur isolation thermique. Un plumage collant, c’est un oiseau qui ne peut plus se protéger du froid. Astuce : appliquez la graisse sur un support en bois perforé, afin qu’ils la picorent uniquement avec leur bec.

5. Mal placer la mangeoire

Un bon emplacement fait toute la différence. Une mangeoire doit être visible à 360°, pour permettre aux oiseaux de repérer facilement les prédateurs, notamment les chats. Installez là en hauteur, à l’abri du vent, et veillez à la garder propre. Un nettoyage régulier évite la propagation de maladies. Mieux vaut aussi répartir la nourriture sur plusieurs points plutôt que tout au même endroit, afin de limiter les conflits entre espèces.

Comment placer la mangeoire pour protéger les oiseaux?

Liste pour les protéger des chats et du froid :
  • Hauteur : 1,5 à 2 m du sol, loin des buissons où un chat peut se cacher
  • Dégagement : vue à 360° autour, à 2-3 m d’un arbre ou d’une haie (perchoirs de repli, sans embuscade)
  • Abri du vent et de la pluie : sous un auvent, une branche épaisse ou côté maison
  • Support stable : fixée solidement, perchoirs courts pour éviter les corvidés/pigeons
  • Propreté : plateau/perchoirs faciles à nettoyer; enlève coques et fientes souvent
  • Multiplication des points : 2-3 petites mangeoires espacées pour limiter les bagarres
  • Eau à côté : coupelle d’eau changée chaque jour, surtout en gel

Comment choisir le bon type de nourriture pour oiseaux en hiver?

Voici le top pour l’hiver, simple et sûr :
À éviter absolument :
Petites règles :

Nourrissage des oiseaux, quand et pourquoi arrêter ?

Le nourrissage des oiseaux est pratiqué l’hiver par des millions de personnes dans leur jardin ou sur leur balcon, et il est bien souvent vital pour de nombreuses espèces durant cette période de pénurie alimentaire. Un nourrissage permanent peut cependant avoir des conséquences néfastes et mettre en danger certaines populations d’oiseaux. Ainsi, la LPO (Ligue pour la protection des oiseaux) conseille aux Français de nourrir les oiseaux uniquement en période de froid prolongé, soit en général de la mi-novembre à fin mars. Dès que le printemps s’installe, les oiseaux commencent à établir leur territoire et débutent la construction de leur nid ou recherchent la cavité où ils pondront leurs œufs. S’il est alors tentant de les attirer aux mangeoires pour mieux les observer, la mise à disposition de nourriture n’est plus nécessaire, la nature fournissant suffisamment d’aliments “de saison” à l’avifaune, y compris dans les villes. Continuer de nourrir les oiseaux peut même devenir contre-productif et leur nuire. Si vous n’avez pas encore commencé le processus de sevrage, il est désormais temps de réduire petit à petit les quantités, afin de stopper tout nourrissage au bout de 7 à 10 jours. Cet arrêt est important car les lipides des graines ou des boules de graisse ne sont pas adaptés aux futurs poussins qui doivent être nourris exclusivement de protéines. De nombreuses espèces deviennent ainsi insectivores. D’autre part, la dépendance à un lieu précis de nourrissage doit cesser pour inciter les oiseaux à chercher par eux-mêmes la nourriture la plus adéquate à leur biologie. En revanche, l’apport d’eau est utile tout au long de l’année.

Risques de transmission de maladies

En période chaude où la prédominance des maladies est plus forte qu’en hiver, le rassemblement d’individus de différentes espèces autour des points de nourrissage peut favoriser la propagation de plusieurs infections telles que la salmonellose, qui affecte notamment les verdiers et les pinsons. Même en hiver, pensez à nettoyer régulièrement les mangeoires et les abreuvoirs pour en améliorer l’hygiène, en favorisant les désinfectants naturels (huile d’arbre à thé, vinaigre…) !.

Un effet sur les taux de prédation

La concentration engendrée par le nourrissage peut faire augmenter les taux de prédation par des animaux sauvages (épervier d’Europe) ou domestiques (chats). Dans tous les cas, il est toujours bon d’appliquer quelques règles de précaution comme disposer les mangeoires dans des endroits dégagés, avec un accès facile à des perchoirs en hauteur, pour éviter la prédation par les chats.

Perturbations physiologiques

Plusieurs études ont démontré que des couples ayant accès à plus de nourriture pondaient plus tôt. La demande énergétique des poussins est ainsi décalée par rapport au pic de disponibilité alimentaire, ce qui peut entraîner une surmortalité juvénile. De plus, beaucoup de jeunes oiseaux deviennent insectivores au cours du printemps et un nourrissage prolongé peut perturber leurs habitudes alimentaires alors qu’ils doivent justement apprendre à se nourrir par eux-mêmes en capturant des insectes. Chez le Kakapo, un perroquet très rare endémique de Nouvelle-Zélande, il a par ailleurs été observé qu’un nourrissage fréquent des femelles reproductrices avait pour conséquence une profonde altération du sex-ratio avec la production quasi-unique de poussins mâles. Même si les connaissances sur le sujet ne permettent pas de généraliser, il ne faut pas exclure la possibilité que le nourrissage en période de reproduction puisse engendrer un piège écologique et/ou évolutif dans certaines situations.

Altération de la composition de la communauté aviaire

Toutes les espèces ne bénéficient pas équitablement du nourrissage, que ce soit en hiver ou en période de reproduction. Si la mise à disposition de suppléments alimentaires est susceptible d’augmenter les densités de quelques espèces, il est aussi possible qu’elle réduise en parallèle, à travers un processus de compétition, les densités d’autres espèces.

Et l’eau dans tout cela ?

A la différence de l’alimentation, vous pouvez mettre de l’eau à disposition de la faune sauvage toute l’année. Mais attention, tout comme les mangeoires, il vous faudra veiller à garder les abreuvoirs propres et changer l’eau toutes les semaines du printemps à l’automne afin d’éviter la prolifération de moustiques.

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